|
|
Sans OGM : une grande victoire pour les Fermiers de LouéNourri sans utilisation d’OGM Les Fermiers de Loué sont les premiers à poser leur étiquette
La demande des consommateurs était sans ambiguïté, le Conseil national de la consommation (CNC) a finalement donné un avis favorable à l’étiquetage soulignant l’absence d’OGM dans la nourriture des animaux. La France rejoint ainsi l’Allemagne, l’Autriche et l’Italie qui permettent déjà l’étiquetage «sans OGM».
Les Fermiers de Loué sont les premiers à informer les consommateurs. |  | Le consommateur ne peut pas savoir quelle filière a fait l’effort d’assurer une alimentation non OGM(*) aux animaux. La réglementation européenne impose d’indiquer sur l’étiquette, dans la liste des ingrédients, ceux qui Depuis de longues semaines, le Conseil national de la consommation (CNC) travaillait sur l’opportunité d’un étiquetage valorisant les filières n’utilisant pas d’OGM et sur la forme qu’il pourrait prendre. Le 19 mai dernier, il a rendu un avis favorable à un étiquetage en précisant les règles qu’il devrait respecter : cet étiquetage reste volontaire – mais quelle filière inscrite dans la démarche « sans OGM » refuserait de le mentionner ? – et ne doit être ni dénigrant, ni trompeur. |
Celui retenu par les Fermiers de Loué pour leurs volailles ou leurs œufs est « nourri sans utilisation d’OGM* », le renvoi * précisant « minimum 99,1 % ».
Le consommateur ne peut pas savoir quelle filière a fait l’effort d’assurer une alimentation non OGM(*) aux animaux. La réglementation européenne impose d’indiquer sur l’étiquette, dans la liste des ingrédients, ceux qui contiennent plus de 0,9 % d’OGM. Conscients des réticences des consommateurs, la plupart des industriels de l’agroalimentaire ont exclu les ingrédients (maïs, soja, colza…) contenant des OGM. Mais cette obligation d’étiquetage ne concerne pas les produits issus Il convient de s’arrêter sur ces 99,1 %. 0,9 % est le seuil de sanction au-delà duquel la réglementation européenne impose de préciser la présence d’OGM dans la liste des ingrédients. Il faut souligner que les 0,9 % s’applique à chaque matière première. La précision est importante car actuellement dans l’alimentation des volailles, seul le soja pourrait être concerné par les OGM.Or, dès 1997, les Fermiers de Loué ont mis en place une filière tracée sans OGM pour le soja qui représente environ 10 % de l’alimentation des volailles fermières de Loué. Ainsi, dans le cas d’une contamination fortuite maximale à 0,9 %, cela représenterait 0,09 % de l’alimentation des volailles, soit une garantie de fait de l’ordre de 99,91 %.
Pouvoir étiqueter est une victoire importante pour les Fermiers de Loué et met fin à une injustice. En effet, l’investissement, depuis 1997, dans une filière tracée sans OGM a été important sans avoir pu en retour en informer le consommateur. Celui-ci peut aujourd’hui choisir en parfaite connaissance de cause.
Qu’est-ce qui change après l’avis du CNC ? |  | L’ensemble des filières inscrites dans la démarche « sans OGM » attendait avec impatience l’avis du Conseil national de la Consommation (CNC) sur l’opportunité d’un étiquetage «sans OGM» et sur la forme qu’il pourrait prendre. Le CNC a finalement rendu un avis favorable à l’étiquetage le 19 mai dernier. Il précise notamment : « Le CNC est d’avis qu’en dessous du seuil de 0,9 % de présence fortuite, le libellé de valorisation des produits animaux issus de filières d’alimentation conventionnelle devrait : • rester volontaire ; • intégrer la notion de filière d’alimentation animale ; • ne pas être dénigrant ; • ne pas être trompeur ; • comporter une expression faisant référence aux termes « [Animaux] nourris sans utilisation d’OGM » ; • faire en outre référence au seuil de 0,9 % de présence fortuite d’OGM dans le cas où les animaux sont nourris en tout ou partie avec des espèces végétales susceptibles d’être génétiquement modifiées. Cette référence pourrait concerner soit le seuil de 0,9 % lui-même selon une majorité des membres des deux collèges, soit un niveau inverse de garantie de 99,1 %. Le libellé doit être à la fois clair et non trompeur pour les consommateurs. Celui-ci doit mettre en avant prioritairement les efforts mis en œuvre par la filière pour ne pas utiliser d’OGM dans l’alimentation des animaux.» Ce qui change : • l’étiquetage des produits animaux devient possible. Ce qui ne change pas : • les éleveurs utilisant des OGM n’ont toujours pas obligation de le préciser. |
Rappel du contexte
Une réglementation jusqu’alors incomplète
|  | La réglementation européenne impose d’indiquer sur l’étiquette, dans la liste des ingrédients, ceux qui contiennent plus de 0,9 % d’OGM. Conscients des réticences des consommateurs, la plupart des industriels de l’agroalimentaire ont exclu les ingrédients (maïs, soja, colza…) contenant des OGM. Mais cette obligation d’étiquetage ne concerne pas les produits issus d’animaux ayant consommé des OGM. Or, l’alimentation animale est le débouché principal des OGM cultivés dans le monde. Le consommateur ne pouvait donc pas savoir quelle filière a fait l’effort d’assurer une alimentation sans OGM aux animaux.
|
La question des seuils |  | L’Europe et la France ont adopté des réglementations fixant 3 seuils : • 0,01 % : seuil de détection des OGM ; • 0,1 % : seuil de quantification ; • 0,9 % : seuil de contamination. Au-delà du seuil de contamination, le seuil de sanction en quelque sorte, la réglementation européenne impose de le préciser dans la liste des ingrédients. Mais, pour les productions animales (viandes) ou issues des animaux (œuf, lait…), elles n’avaient pas défini de seuils qui permettraient de préciser que les productions étaient avec ou sans OGM. Pour le soja, les efforts de traçabilité des Fermiers de Loué ne permettent pas d’éviter totalement les contaminations fortuites qui, l’expérience le montre, sont généralement très inférieures à 0,9 %. Cependant, les Fermiers de Loué considèrent, comme le font les Allemands, les Autrichiens et les Italiens qu’il faut admettre un seuil de contamination fortuite très faible, mais pouvoir informer les consommateurs qu’il s’agit d’une production animale nourrie sans OGM. C’est cette approche pragmatique que défendaient les Fermiers de Loué depuis de nombreuses années que le CNC a choisi de suivre. |
À Loué, une filière entièrement maîtrisée |  | La France a globalement maîtrisé les maïs OGM avec des cultures relativement limitées et une faible importation. La totalité des analyses faîtes par les Fermiers de Loué est restée négative. Mais le tourteau de soja OGM et les huiles végétales OGM sont massivement importés depuis de nombreuses années. Ces protéines végétales sont indispensables à l’élevage des animaux et particulièrement des volailles (10 % de l’alimentation des volailles de Loué). Elles ne sont pas substituables par d’autres végétaux du fait du manque de surface et/ou des conditions climatiques. Pour maîtriser totalement la phase d’alimentation, les Fermiers de Loué ont construit leur propre usine d’aliment, ALIFEL, mise en activité en 2001, un investissement de 20 millions d’euros. Dès 1997, les Fermiers de Loué ont cherché à mettre en place une filière d’importation spécifique, permettant d’assurer une traçabilité et une maîtrise du sans OGM. Avec d’autres coopératives, les Fermiers de Loué ont participé à la création d’une société d’importation : SOLTEAM. Actuellement, cette société importe plus de 80 % des sojas sans OGM tracés arrivant en France. Depuis 2001, la totalité des sojas utilisée par ALIFEL est sans OGM (pureté minimum 99,1 %). Cette traçabilité coûte, en moyenne, un million d’euros supplémentaires par an. |
D’autres filières aussi |  | Avec d’autres coopératives ou groupements, les Fermiers de Loué ont participé à la Parmi les filières inscrites dans cette démarche, on compte : Volailles fermières de Loué ; Volailles fermières du Maine ; Œufs fermiers de Loué ; Bœuf Maine Anjou ; Bœuf fermier du Maine ; Porc fermier de la Sarthe ; Beurre d’Echiré ; Fromages Sèvre et Belle ; Tome de Laguiole… Au total, ces filières comptent près de 3 500 agriculteurs qui refusent les OGM pour l’alimentation de leurs animaux et vont le faire savoir. |
Bientôt dans toute l’Europe ? |  | Comme le souligne l’avis du CNC, on peut espérer que, demain, l’ensemble des consommateurs européens pourront faire le choix du sans OGM. Avec la France, grand pays agricole, après l’Allemagne, l’Autriche et l’Italie, nos partenaires européens doivent maintenant se saisir de la question afin que le libre choix soit la norme sur l’ensemble de l’Union européenne. |
OGM : 86 % des Français veulent savoir ! |  | En préalable à toute initiative, les Fermiers de Loué ont voulu connaître l’opinion des Français concernant un étiquetage informant de l’absence d’OGM dans la nourriture des animaux. À l’occasion du Salon International de l’Agriculture, en février dernier, les Fermiers de Loué ont communiqué les résultats d’un sondage réalisé en janvier par l’Institut Efficience 3 sur la question des OGM. Les résultats que nous rappelons ici étaient sans ambiguïté ! 93 % des Français estimait qu’il est anormal que les producteurs qui donnent de la nourriture contenant des OGM à leurs animaux n’ont aucune obligation de le mentionner sur les produits (viandes, lait, œufs…). Les Français sont très favorables à la communication sur le « Sans OGM » puisque 76 % d’entre eux estimait anormal que les producteurs qui ont fait le choix pour leurs animaux d’une alimentation ne contenant pas d’OGM n’aient pas le droit d’en informer les consommateurs. Le projet d’étiquetage avec la mention « Nourri sans OGM minimum garanti 99.1 % » recueillait 86 % d’avis favorables. Enfin, 88 % des Français estiment que les productions label rouge, biologique, sous indication géographique ou appellation d’origine contrôlée devraient obligatoirement faire figurer cette mention. |
 |
 |
|
|